Prof de FLE Freelance, Australie : c’est parti !!!

Depuis Mars 2015, je me suis lancée en tant que prof de FLE Freelance depuis ma petite campagne du sud ouest de l’Australie.

 

Pourquoi?

 

Pour vous dire la vérité, ce n’est pas forcément le genre de chose que je me serais vue faire. Je m’étais toujours imaginée à travailler dans une école.

Mais dans ma campagne, il n’y a pas d’écoles de langues ou de centres de formation qui proposent des cours de français. Quant aux collèges lycées et écoles primaires, ils ne sont que très peu à proposer des cours de français et quand c’est le cas, on ne veut pas de moi car mon diplôme français n’est pas reconnu par l’équivalent de l’Education Nationale en Australie (alors que je suis bien plus diplômée que tous les autres professeurs, le comble…)

Bref, n’ayant aucune possibilité de travail dans une école, j’ai alors commencé à poster des annonces pour donner des cours de français à droite à gauche. Petit à petit, j’ai commencé à avoir quelques étudiants, qui ont très rapidement commencé à parler de moi autour d’eux (je dois tellement au bouche à oreilles!), et de fil en aiguille, avec aussi un gros travail de pub de ma part, je me suis retrouvée avec une clientèle tout à fait acceptable dans ma campagne au nombre d’habitants au kilomètre carré pas si élevé que ça (en ce moment, environ une vingtaine de noms dans mon carnet d’adresses).

 

 

Ca consiste en quoi?

 

Donner des cours de français aux australiens : cours individuels semi individuels ou en petits groupes, à mon domicile ou au domicile des étudiants, ou ailleurs : pour les étudiants qui vivent à plus d’une heure de route, se retrouver dans une ville à mi chemin, dans un café ou une bibliothèque est tout à fait possible. Louer un local coûte cher, c’est donc exclu à l’heure actuelle. Et je me suis également lancée tout récemment dans l’enseignement via Skype.

Tout prof sait que donner des cours implique également les préparer. Si je donne donc une quinzaine d’heures de cours par semaine, cela implique peut-être environ 5 heures de préparation. Car dans mon cas, préparer des cours, c’est aussi créer des programmes de cours, et ça ne se fait pas en cinq minutes. Donc, plus de 20 heures de travail par semaine, et ceci rien que pour l’aspect enseignement.

 

Car prof de FLE freelance, ça implique aussi faire sa publicité pour trouver ses clients, et pour ça : poster des annonces sur les panneaux d’affichage publics ou dans les journaux, faire sa propre promotion sur les réseaux sociaux, créer un site web pro, se procurer des business cards et les distribuer, se rendre dans les écoles locales pour proposer du tutorat pour les élèves qui étudient le français, se creuser la tête pour trouver des idées d’événements culturels français pour faire parler de soi dans la ville voir la région… Quand on est prof de FLE Freelance, on se retrouve donc aussi responsable marketting, webmaster, chargé de mission culturelle, comptable…

 

 

Faisons donc le calcul :

environ 15 heures d’enseignement (à l’heure actuelle) +

environ 5 heures de préparation de cours et de recherches de nouveaux documents +

tout l’aspect marketting qui prend environ 1 heure par jour, 5 heures par semaine donc +

le temps passé en voiture pour me rendre à mes cours (parfois 1h20 aller retour pour une seule leçon)

= plus de 30 heures par semaine.

 

Et je suis toujours à la recherche de nouveaux étudiants, car la vérité, c’est que j’ai l’habitude de travailler beaucoup plus (dans mon dernier job à Toulouse, 30 heures, c’était le nombre d’heures de cours que je donnais par semaine, et je vous laisse donc imaginer la durée de préparation des cours!)

 

 

Inconvénients :

 

Je travaille seule de chez moi, et il y a quelque chose qui me manque vraiment mais vraiment beaucoup : une salle des profs. Dans la salle des profs d’une école de FLE, il y a en général de nombreux livres ainsi que beaucoup d’autres ressources pouvant être utilisés pour construire ses cours. Mon petit bureau n’a rien à voir avec une salle des profs…

Autre chose qui me manque et qui est lié à la salle des profs : les professeurs! Echanger avec les collègues pour de nouvelles idées de cours, mais aussi avoir de supers collègues qui deviennent des amis… De mon petit bureau solitaire à Dunsborough, je suis souvent nostalgique de l’atmosphère des salles des profs où j’ai travaillé dans le passé…

 

Egalement : pas de congés payés. Si un jour je suis malade au point de ne pas pouvoir enseigner, je dois annuler mes cours et je n’ai donc pas de paye pour ce jour là. Idem si je veux partir en vacances (comme j’ai pu le constater lorsque je suis partie à Hawaii en Juin : zéro revenu pendant 3 semaines). Je vais revenir en France bientôt pour un mois de vacances qui ne seront finalement pas complètement des vacances car j’ai décidé de continuer à donner mes cours à certains de mes étudiants avec skype, le décalage horaire jouant en ma faveur. Je veux profiter de mes vacances en France, mais je veux aussi continuer à avoir une petite rentrée d’argent…

 

Autre inconvénient : pas de cotisation à la retraite. La retraite est si lointaine, mais tout le monde en parle tout le temps et cela m’oblige à y penser, malgré moi.

A l’heure actuelle, je n’ai pas un chiffre d’affaires suffisamment élevé pour déclarer mon business (je me suis rendue chez un comptable qui m’a dit que si je ne fais pas plus de 20 000 dollars australiens par an, ce n’était pas nécessaire de déclarer quoique ce soit), on verra donc où j’en serai dans un an.

Mais voilà, au jour d’aujourd’hui, aux yeux de l’administration australienne, je ne suis ni salariée, ni chômeuse. Je ne cotise pour aucune retraite ou pension en Australie. Même topo en France.

 

Je n’ai donc pas un statut reconnu par l’administration australienne. Et j’ai malheureusement souvent l’impression que c’est pareil aux yeux des gens. Le comptable m’a dit que mon business n’avait pas besoin d’être à l’heure actuelle déclaré et que cela pouvait donc être considéré comme un “hobby”, sur le coup ça m’a fait mal d’entendre ça.

Mais dans les conversations que j’ai avec les gens autour de moi, les amis, les connaissances, je n’ai jamais entendu le mot “hobby” mais j’ai souvent l’impression que c’est ce qu’ils pensent, ils s’imaginent que je passe mon temps chez moi à rien faire, car on me dit souvent à quel point ce doit être extra d’avoir tant de temps libre… Et dans ma tête, je pense souvent : “Oui oui j’ai passé ma matinée à préparer des cours et tout l’aprèm à enseigner, et mon temps libre c’était dans ma voiture pour me rendre chez mes différents étudiants, mais oui bien sûr j’avais le temps de me rendre au supermarché / faire le ménage / faire du shopping / aller à mon cours de machin…” Aux yeux de tout le monde, quand on travaille à domicile, on ne travaille pas vraiment et on a beaucoup de temps libre pour faire pleins de choses . (Faux!!!)

 

Un autre inconvénient, à mes yeux le plus grand. Je ne sais pas si je vais rester à Dunsborough toute ma vie. Peut-être que un jour je reviendrai en France, ou j’irai alleurs, allez savoir… et j’ai peur que mon expérience de prof de FLE Freelance ne soit pas reconnue par les directeurs d’écoles de langues où je pourrais éventuellement bosser dans le futur.

Lorsque je suis revenue en France en juin 2014 et que j’ai passé mon entretien dans cette école de Toulouse où j’ai finalement travaillé pendant 6 mois, je revenais de mon année en PVT en Australie où je n’avais pas enseigné. La première question que l’on m’a posé fut : “Un an sans enseigner, mais qu’avez vous fait?”. C’est pour éviter ce genre de questions dans le futur que j’ai choisi un nom pour mon business, créé un site web… J’espère que cette expérience sera reconnue par les professionnels du FLE et pas vue comme un “hobby”, le joli mot bien dégueulasse employé par l’administration australienne.

 

 

Avantages :

 

Je suis mon propre patron et je fais ce que je veux.

 

Je créé mes propres programmes en me basant sur les niveaux officiels de langues comme dans les autres écoles où j’ai pu travailler, mais je me base aussi sur ce que les étudiants veulent étudier, à condition que ce soit adapté à leur niveau.

 

Je créé aussi mon propre emploi du temps. Si je veux garder mon vendredi libre pour avoir un long weekend quelque part, du moment que je peux déplacer les cours prévus ce jour là, alors why not! Et les étudiants ne sont pas très fans des cours très matinaux, ce qui m’arrange car je ne suis pas du matin non plus!

 

Et surtout : créer son propre business a quelque chose de gratifiant. Je pense qu’il n’y a que ceux qui se sont un jour lancés dans le Freelance ou auto-entrepreneuriat qui peuvent comprendre ce point. Je ne peux pas vraiment expliquer, mais ça me rend fière de m’y être lancée!

A en avoir eu des papillons au ventre : le jour où j’ai publié mon site web professionnel, le jour où j’ai reçu mes Business Cards que j’ai déballées comme une gamine le matin de Noël qui déballe ses cadeaux, le jour où j’ai réalisé que je gagne mieux ma vie à l’heure actuelle qu’à l’époque où j’étais assistante de français en Angeleterre ou encore quand j’étais stagiaire en Alliance Française au Canada, et pourtant je ne suis toujours pas à temps plein! (si vous voulez lire ou relire mon parcours pro, c’est ici!). J’espère un jour pouvoir donc vous raconter ma vie de Prof de FLE Freelance à temps plein!

 

Et ce sont tous ces avantages qui me permettent de réaliser que j’aime ce que je fais aujourd’hui!

Et vous? Est ce que l’aventure Freelance vous tente? 🙂

 

Publicités

17 réflexions sur “Prof de FLE Freelance, Australie : c’est parti !!!

  1. Super cet article. Je suis actuellement en train de remplir mes dossiers d’inscription pour un master FLE.
    Je suis cependant surprise que le diplôme de l’éducation nationale de te permette pas d’occuper un poste en Australie. Ici, aux USA, l’importance est d’avoir le master.
    J’espère que ton activité se répandra davantage.

    Aimé par 1 personne

    • Le probleme est que je n’ai pas de diplome de l’Education Nationale, juste le Master FLE, qui n’est reconnu que par les Alliances Francaises en Australie, et l’AF la plus proche de chez moi est à trois heures de route ^^
      Bon courage en tout cas pour tes dossiers d’inscription, et merci!! 😉

      J'aime

  2. Si tu es motivée pour le master, alors fonce!!! j’ai adoré le Master que j’ai fait à Toulouse, et même si la recherche d’emploi peut êre difficile, c’est toujours jouable! Et personnellement j’adore ^^

    J'aime

  3. Salut Marion! Belle expérience. Je m’apprête à faire un peu comme toi. Est-il possible d’être freelance en Australie plus d’un an? J’ai vu que tu as déjà utilisé ton WHVisa, comment as-tu fait pour continuer à travailler sur le territoire australien ? Quel visa? Si le gouvernement ne te considère que comme « hobby », comment justifier tes rentrées d’argent? Je connais l’immigration australienne et sais à quel point ils sont pointilleux… Merci de ta réponse 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour Camille!
      Déjà, merci pour ton commentaire! 🙂
      Alors, pour répondre à tes questions : pendant mon WHV je n’ai fait que des petits boulots de backpackers. Puis je suis revenue en Australie et là j’ai postulé pour un Partner Visa (mon copain est australien), et c’est à ce moment là que j’ai commencé à poster des annonces, et après un an j’ai vu que j’avais un chiffre d’affaires correct donc j’ai demandé un ABN (Australian Business Number pour avoir le statut de Freelance, comme le numéro de siret en France) et j’ai déclaré les revenus de ma première année, même si concrètement je n’avais pas le statut de freelance pendant la première année, j’ai quand même pu tout declarer.
      Voilà j’espère que ma réponse est claire!!! (avec l’administration australienne à partir du moment où on est plus un backpacker en WHV, ça devient toujours compliqué!)
      A bientôt!

      J'aime

  4. Bonjour ! Merci pour ton article, je suis tout a fait d’accord. Je suis également en australie en PVT et depuis que j’y suis, je donne des cours de Francais en Free lance et ca fonctionne très bien. Je passe actuellement le DAEFLE à distance apres avoir fait une licence de LEA car je me suis rendue compte que j’adore enseigner la langue française aux Etrangers. Alors, comme tu l’as dis, les gens ont l’impression que c’est plus un loisir mais avec 10 élèves et 20 heires de cours à donner : non,ce n’est définitivement pas un Hobby. J’adore donner mes cours mais, bon dieu, c’est beaucoup de travail en amont ! Comment a avancé ton projet ? As tu pu créer ton entreprise et trouver plus d’élèves ?

    Aimé par 1 personne

    • Coucou Sarah! Merci beaucoup pour ton super com! Je te souhaite de pouvoir réussir tous tes projets avec le DAEFLE, tes élèves et ton PVT! De mon coté oui j’ai pas mal avancé, déjà deux ans que je suis à mon compte maintenant! je t’invite à lire les différents articles que j’ai écrit sur le sujet, ils sont tous dans la catégorie « Prof de FLE Freelance » 😉

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s