Prof de FLE : mon parcours.

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Comme le nom de mon blog l’indique, je suis prof. Plus précisemment prof de FLE. Et avant de vous parler de mon parcours, qui implique plusieurs voyages et expatriations, petite clarification sur ce que FLE veut dire.

FLE est le sigle pour Français Langue Etrangère. Quand vous êtes prof de FLE, vous enseignez donc le français à un public composé d’étudiants qui n’ont pas le français comme langue maternelle. La plupart des gens pensent que les cours de FLE sont similaires aux cours de français que vous avez suivi au collège ou au lycée : Faux! Les étudiants en FLE n’apprennent pas à faire de dissertations ou de commentaires de textes, ils n’étudient pas les grands auteurs français (sauf s’ils sont dans une classe de FLE spécialisée et qu’ils apprennent le français depuis un moment et ont acquis un bon niveau).

En cours de FLE, les étudiants, par exemple d’un niveau débutant, vont apprendre à se présenter, ils vont mémoriser des phrases qu’ils pourront utiliser dans la vie de tous les jours, ils vont découvrir les joies de la conjugaison française. Ils vont découvrir de nouveaus sons et de nouvelles lettres et vont devoir travailler leur prononciation. Ils vont peut-être découvrir un alphabet différent de celui de leur langue maternelle…

Les étudiants d’un cours de FLE peuvent apprendre le français pour diverses raisons : pour le plaisir, dans le but d’émigrer en France ou un autre pays francophone, pour une formation professionnelle… Le public qui est en face du professeur peut donc être très varié, ce qui rend le métier de professeur de FLE, à mon avis et comme j’ai pu le constater, très diversifié et intéressant.

Le métier de prof de FLE est un excellent moyen de travailler à l’étranger, mais aussi en France pour enseigner aux étrangers qui sont déjà installés dans le pays.

Trouver un poste n’est par contre pas de tout repos : pas de concours, on ne dépend pas de l’éducation nationale, peu d’offres. Les candidatures spontanées et le bouche à oreilles sont rois dans la recherche de travail dans ce domaine.

En ce qui me concerne, j’ai eu l’occasion d’enseigner dans plusieurs pays, y compris la France.

Pourtant, si on m’avait dit, lorsque j’ai fini le lycée, que je deviendrais prof, je n’y aurais vraiment pas cru!

 

Voici mon parcours. Concernant mes expatriations pour enseigner, je vais rester ici très générale et je ferai plus tard des articles plus détaillés sur chacune de ces expériences.

2004 : j’obtiens mon baccalauréat. J’aime les langues étrangères et je sais que plus tard, j’aimerais voyager. La conseillère d’orientation me suggère d’aller à l’université et de m’inscrire en LEA, Langues Etrangères Appliquées, pour continuer à pratiquer les langues étrangères, anglais et espagnol dans mon cas. Quand j’y repense aujourd’hui, cette conseillère était vraiment à coté de la plaque.

Mon année en LEA est une perte de temps. Je suis inscrite à l’Université de Toulouse le Mirail, connue pour son coté insalubre et ses nombreux mouvements de grèves… Mais l’enseignement est de qualité, il s’agit de la meilleure université de France pour étudier l’espagnol. Le niveau en espagnol est extrêmement haut et les profs plus qu’exigeants. Je finis par être littéralement dégoutée de la langue.

Les cours de matières appliquées comme la gestion ou encore le droit ne m’intéressent pas.

Je me rends compte que seuls les cours d’anglais m’intéressent. L’année suivante, je me réoriente en Licence d’anglais.

Certains cours sont barbants (souvenirs de Civilisation Britannique…), d’autres plus qu’intéressants mais difficiles (je me rends compte aujourd’hui avec plusieurs années de recul à quel point les cours de linguistique et de phonétique étaient importants, même si sur le moment j’en bavais…). Mais je découvre également avec joie les grands auteurs britanniques et américains, la traduction, j’apprends plein de choses sur l’Histoire des Etats Unis, les indiens au Canada, les Aborigènes en Australie… et j’adore!

J’adore, oui. Mais je galère… je suis loin d’être bilingue. Je peux (laborieusement) lire un livre en anglais, je peux comprendre mes profs (s’ils ne parlent pas trop vite) mais je ne peux pas parler comme il le faudrait en étant dans ce cursus… J’ai droit à la session de rattrapage à la fin de chaque année universitaire. J’arrive à valider mes deux premières années de licence. Mais à la fin de la troisième année, les profs sont plus qu’exigeants, je n’ai pas le niveau requis, et la licence me passe sous le nez.

Pendant l’été entre ma deuxième et ma troisième année, je suis partie à Londres pendant 5 semaines pour pratiquer mon anglais. Ca m’avait aidé, mais ce n’était pas suffisant. Je décide de partir une année entière.

Septembre 2008 : je pars en Irlande comme fille au pair. Je suis dans une famille adorable, je vis en anglais entourée de natifs et c’est un régal. Je mets beaucoup d’argent de coté. Je rencontre beaucoup de voyageurs venus du monde entier, on discute beaucoup, et j’entends si souvent cette phrase : “Tu veux voyager? N’hésite plus et fonce, tu ne le regretteras pas!!!”

Je finis de travailler pour ma famille en juin 2009, je prévois de retourner à la fac en octobre. Ma décision est prise : je vais enfin me faire faire un passeport et je vais passer l’été dans un pays hors de l’Europe. L’option au pair me plait, je passe alors l’été 2009 dans une famille canadienne, dans une petite ville perdue au coeur des Rocheuses. Le petit dont je m’occupe a besoin de pratiquer son français : ce seront mes premiers cours de conversation en français.

Octobre 2009 : je reviens en France et repasse ma Licence d’anglais : les cours se passent beaucoup mieux! Je continue à enseigner en donnant des cours de conversation en anglais sur Toulouse. Pour compléter mon emploi du temps, je m’inscris dans une UE dont j’ai vaguement entendu parler et qu’on m’a dit intéressante : Complément FLE : c’est là que j’ai pour la première fois un aperçu du métier de prof de FLE, et j’ai vraiment envie d’en apprendre davantage!

Juin 2010 : je valide ma Licence d’anglais avec mon Complément FLE et je postule pour le Master FLE délivré par l’Université de Toulouse : Apprentissage Didactique du Français Langue Etrangère. Je suis acceptée. Le cursus en anglais est fini.

Entre Septembre 2010 et septembre 2012, je fais mon Master. Beaucoup de théorie, mais également de la mise en pratique, je découvre également ce que c’est que de faire de la recherche et ça me plait.

A la fin de la première année, je dois faire un stage d’enseignement. Je décide de le faire à l’étranger. Passer une période plus ou moins longue à l’étranger au moins une fois par an est devenue une obligation depuis mon année en Irlande et au Canada.

Parler anglais me manque et j’envisage pendant un temps de faire mon stage en pays anglophone. Je décide finalement de faire mon stage dans un pays dont je ne parle pas la langue, pour ne pas être tentée d’utiliser la langue maternelle de mes étudiants pendant les cours (oui oui, même avec des débutants, c’est possible!) J’ai la possibilité de faire mon stage dans une association à Cracovie, en Pologne, et deux amies de ma promotion sont également acceptées. J’accepte l’offre et je pars pendant presque deux mois. Le temps d’un été, je découvre enfin concrètement le quotidien d’un prof de FLE, je donne des cours de conversation individuels ou semi individuels, je construis mes cours moi même, j’adore. J’ai également un groupe d’enfants à qui faire des ateliers et jeux en français, je m’occupe de ce groupe avec ma pot de fac / nouvelle coloc / nouvelle collègue de travail : on crée des jeux, on montre des vidéos, on explique du mieux qu’on peut à nos petits étudiants, on rigole bien. Cet été polonais est une réussite et je reviens en France avec la ferme intention d’être acceptée pour la deuxième année du master et devenir donc prof de FLE.

Ma deuxième année de Master peut être divisée en deux parties : premier semestre à la fac, deuxième semestre en stage. L’Australie, la Nouvelle Zélande, les pays scandinaves et les Etats Unis me font rêver, mais mes candidatures spontanées restent sans réponses. Je repense à ce sublime été que j’ai passé dans l’ouest canadien, et j’envoie alors quelques CV un peu partout au Canada. Je reçois une réponse positive de l’Alliance Française d’Halifax, ou je pars alors travailler pendant 6 mois. J’adore l’Alliance Française, les cours proposés, les événements culturels… J’enseigne à beaucoup d’adultes, quelques adolescents, je suis des livres ou j’utilise mes propres documents, je fais des cours culturels… Je suis tout à fait dans mon élément, et en septembre 2012, je finis mon mémoire et passe ma soutenance : 16/20, et la fin officielle de mes études.

Je ne supportais pas l’idée de me retrouver au chomage après mon diplôme. J’avais donc fait une demande pour être assistante de français au Royaume Uni avant même de partir au Canada. Ma demande est acceptée et je pars dans le Suffolk, autrement dit la campagne anglaise, pendant une année scolaire, ou j’enseigne le français dans un collège, à des adolescents qui n’en ont vraiment rien à faire. Mais j’aime le challenge et je profite pleinement de cette année qui me permet d’ajouter une ligne supplémentaire à mon CV.

Juin 2013 : je reviens en France après mon année en Angleterre. Je ne fais que passer, je décide d’utiliser mes économies pour partir explorer un pays qui depuis longtemps me fait rêver : l’Australie. Pendant un an, c’est l’aventure, et même si je continue à enseigner un peu le français dans des cours de conversation informels, le FLE reste entre parenthèse pendant un an

Mais ca me manque!

Juin 2014, je rentre en France après une année sous le soleil australien et je trouve immédiatement du travail comme prof de FLE dans une école de Toulouse. C’est la première fois que j’enseigne le FLE en France, et je n’avais plus officiellement enseigné depuis plus d’un an. Je suis comme un poisson dans l’eau pendant 6 mois. Mon CDD arrive à sa fin, mais je décide de décliner l’offre de le renouveler (ça c’est une autre histoire).

Je suis aujourd’hui en Australie et mon deuxième séjour ici me confirme que ce pays ne veut pas de moi comme prof de FLE. Voyons donc ce que la suite me réserve!

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11 réflexions sur “Prof de FLE : mon parcours.

  1. C’est moche que tu trouves pas de travail ici. J’ai l’impression qu’en fait il y a du travail pour les gens en WHV avec un super CV ou à l’inverse les gens en résidence permanente sans aucune expérience mais pas l’entre-deux malheureusement. Si tu passes par Melbourne on pourra se rencontrer en tout cas !

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    • Oui du coté ouest, j’ai eu la confirmation que la residence permanente est la clé pr du travail ds le FLE. meme en WHV, c’est difficile a cause de la barrière des 6 mois… Si un jour je passe par Melbourne, je te dirai en tout cas 😉

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  2. Cet article est super intéressant / enrichissant. Je suis actuellement assistante de français en Angleterre (jusqu’en juin 2016), et je comptais m’inscrire en PGCE en Ecosse pour l’année scolaire 2016-2017 (histoire d’être prof de français de ce côté de la Manche). Mais du coup, ça me tente bien d’essayer d’être au pair outre Atlantique pour quelques mois d’été, avant de me lancer dans le PGCE.

    Encore merci pour toutes ces infos ! ♥ xx

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  3. coucou, je viens juste de découvrir ton blog et il est génial! Comment as-tu fais pour trouver ton stage à Cracovie ? Je suis actuellement en L2 de LEA, et j’aimerai beaucoup entrer en master de FLE du coup j’aimerai bien avoir un peu d’expérience histoire d’être sûre que ça me plaise mais je sais pas trop où/comment chercher pour faire un petit stage de 1 ou 2 mois (sur le site de l’alliance française ils proposent souvent stage un peu plus long) 🙂

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  4. Bonjour, c’est une amie à vous qui m’a proposé d’aller voir votre site et je suis vraiment envieuse de votre parcours. L’expérience de jeunes fille au pair me tente énormément mais j’ai peur et je pense ne pas avoir le cran de sauter le pas. Ce n’a pas était trop dur de faire fille au pair, partir de votre famille et aller dans un pays que vous ne connaissiez pas et dans une famille que vous ne connaissiez pas non plus ? Et faut il avoir un niveau d’anglais élevé si l’on veut partir dans un pays anglophone ?
    Merci d’avance

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  5. Bonjour, c’est une amie à vous qui m’a proposé d’aller voir votre site et je suis vraiment envieuse de votre parcours. L’expérience de jeunes fille au pair me tente énormément mais j’ai peur et je pense ne pas avoir le cran de sauter le pas. Ce n’a pas était trop dur de faire fille au pair, partir de votre famille et aller dans un pays que vous ne connaissiez pas et dans une famille que vous ne connaissiez pas non plus ? Et faut il avoir un niveau d’anglais élevé si l’on veut partir dans un pays anglophone ?
    Merci d’avance

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour Marion! (tiens une autre Marion! 🙂 )
      Merci beaucoup pour ton commentaire!
      Je recommande vraiment l’experience au pair car en general il n’y a pas de contrat, donc si ça ne se passe vraiment pas bien tu peux toujours arrêter et rentrer en France! Il y a aussi une certaine sécurité du fait que tu arrives dans un pays avec déjà un travail et un logement qui t’attendent, pour une première expatriation, ça enlève beaucoup de stress du coup 😉 Après, chaque famille d’accueil est différente, il faut prendre le temps d’apprendre à connaitre la famille qu’on choisit, et ne pas se forcer à rester si vraiment ça ne se passe pas bien. Et concernant le niveau d’anglais, il faut voir aussi avec la famille, certaines ne demandent pas forcément que tu aies un bon niveau d’anglais 😉 et une fois sur place, être en immersion totale aide vraiment à faire des progrès rapidement 😉
      Bon courage!!!! 🙂

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  6. Ohhh je vois qu’on a à peu près eu le même cursus XD. J’ai fait LEA à Toulouse et pareil je n’avais aucun intérês pour les matières appliquées. Du coup je me suis réorientée en llce japonais où cette année je suis l’option FLE. L’année prochaine je pars un an au Japon pour parfaire ma langue et puis je postulerai au master FLE de Toulouse aussi. Vu ton témoignage, il m’a l’air très bien, je ne sais pas si tu as connu Mr Billière, mais c’est mon professeur préféré, c’est lui qui me donne envie de continuer dans cette voie, il rend ses cours très passionnants !

    Aimé par 1 personne

    • Aaaahhh Monsieur Billière et ses cours de correction phonétique verbo tonale !!! 😉
      Effectivement on a un cursus très similaire, la seule difference étant ton intérêt pour le japonais alors que moi c’est pour l’anglais!

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